Cycle de conférences Analyse du discours poétique et musical d'H.F. Thiéfaine

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Publié le 26 janvier 2024 Mis à jour le 16 avril 2024
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du 15 janvier 2024 au 20 mai 2024

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Françoise Salvan-Renucci (MCF HDR, Université Côte d'Azur, CTELA) poursuit en 2024 le cycle de conférences sur l'Analyse du discours poétique et musical des textes d'H.F Thiéfaine.

Les dates programmées en 2024 :
15 janvier 2024, 18h : Conférence #20 : « que les dieux nous métamorphosent » : présence d’Ovide dans le discours poétique des chansons de H.F. Thiéfaine.

La présence récurrente de « mutants » en tant que produits d’une « métamorphose » aux effets imprévisibles suffit à faire de l’œuvre d’Ovide un des repères associatifs centraux du discours des chansons, au sein duquel l’évocation des figures mythologiques de Narcisse, Orphée, Eurydice, la Sibylle ou Méduse, sans oublier « faune », « stryges », « violents cyclopes » ou encore « satyres enjôleurs & ménades dévoreuses », renouvelle avec autant de pertinence que de précision les modèles contenus dans les vers du poète latin. Des accents ovidiens d’une tout autre nature sous-tendent également le renvoi à l’« exil » comme modalité essentielle de l’existence, le discours poétique articulé « du fond de ton exil » faisant écho avec une acuité saisissante à la mention de la sanction complémentaire qu’est la relegatio telle qu’elle vient frapper les « chiens à demi-fous qu’on relègue à la mort ». Le sort qui attend « les âmes nuageuses nimbées de sortilèges » ou l’« ombre vaporeuse / âme anonyme / errante & silencieuse » trouve chez Ovide une préfiguration littérale, alors qu’il en va de même pour les scènes de « bacchanales » ou d’« ivresse des tambours fous » se déroulant sous le regard d’une menaçante « lune noire » et mises en œuvre par une « sorcière » avide de « sang chaud » et autres « cruautés ». C’est enfin à travers la référence à Ovide que le « beau militaire » et ses autres équivalents dévoilent leur enracinement premier dans lamilitia amoris dépeinte comme l’exercice d’un Art d’aimer placé sous le patronage de Vénus, et dont un retrouve un autre écho modifié dans l’allégeance de principe à un Eros über alles à la domination universelle.

Le rôle essentiel dévolu à la lecture étymologique, telle qu’elle invite par exemple à l’activation du sens latin des épithètes dans la variation ovidienne que constitue le distique « mais j’suis fait d’une matière débile indélébile / & je ne sais plus quoi faire pour me rendre inutile », vient compléter l’analyse d’un dialogue sous-jacent fructueux et riche de résonances multiples, qui constitue un superbe hommage à un des plus grands poètes de l’Antiquité.

12 février 2024, 18h: Conférence 21:  « où Nerval a pendu son linge & sa mémoire » : présence de Gérard de Nerval dans le discours poétique des chansons de H.F. Thiéfaine

Construite autour du renvoi à la dernière lettre écrite par le poète, l’évocation remarquablement complexe du suicide de Nerval contenue dans Le jeu de la folie suffit à établir l’importance et la densité du dialogue implicite mis en œuvre dans le discours poétique des chansons avec l’œuvre – vers et prose confondus – du poète romantique, dont le parcours artistique et biographique constitue un arrière-plan récurrent de la peinture thiéfainienne du « poète illusoire ». La quête de « transparence & d’épouvantes mystiques », l’exploration menée « le long de la frontière qui jouxte l’inconnu » et menant inéluctablement « vers la folie » se révèlent comme des indicateurs nervaliens tout aussi frappants que la construction syncrétique dévoilant comme des aspects complémentaires d’un même féminin sacré « Isis & Déméter, les matrones associées », « votre si bonne Vierge Marie », la « sainte Lilith » invoquée dans son « cabaret » ou Lorelei-Mélusine en tant qu’archétype de la « fille océane ». Au fil d’une « métempsychose » dont les « futurs enchaînés » voient leur succession régie par des « hiéroglyphes » auquel seul a accès le poète, l’accentuation nervalienne est déclinée de façon récurrente du « soleil noir » aux « crépuscules d’automne », et jusque sur le mode du détournement homophonique réalisé dans le renvoi à « cet hôtel / où je dois jouer les victimes », qui dote le susbtrat originel de possibilités exégétiques restées jusqu’alors latentes. Prolongeant en outre l’exploration du dialogue avec les poètes de langue allemande que Nerval a traduits et fait connaître en France, la passionnante entreprise que constitue la reconstitution de la strate nervalienne du discours des chansons donne à elle seule accès à une forme de quintessence de l’écriture de Thiéfaine.

11 mars 2024, 18h: Conférence #22 : « ils vendent des orgasmes en sachets » : présence de Wilhelm Reich dans le discours poétique des chansons de H.F. Thiéfaine

Entre « orgasmum aeternum » et « tension-danger » conduisant au « délire-désir » irrésistible de « décharger », la dynamique de l’Éros retracée dans le discours des chansons intègre la quasi-totalité des repères rencontrés dans la conception théorique proposée par Wilhelm Reich. Si la dynamique de création prenant naissance « dans son plasma féérique », la complémentarité polaire réclamant la présence constante d’un « négatif », l’apparition  « d’une étrange spirale » et l’élargissement « cosmique » de l’affectivité humaine à la dimension des « années-lumière » et du « rougeoiement des planètes » signalent la possibilité d’une plénitude harmonieuse, tout aussi nombreux apparaissent les indicateurs négatifs empêchant l’accession à celle-ci et dont le principal se révèle être la « stupide armure » qui réduit les humains à des « fantômes » ou des « morts-vivants », « triés, normalisés, fonctionnels, uniformes ». L’influence délétère émanant de l’« enfant de la haine, enfant de la peur » devant une liberté qui lui reste interdite le fait s’acharner sans pitié aussi bien sur les « tout-petits » que sur « le crapaud qui gueulait je t’aime », tandis que l’instauration d’un monde « où les terriens prendront figure humaine » ne pourra intervenir que dans les « fastes avenirs » d’un « demain les kids », où la promesse « j’arracherai mon masque et ma stupide armure » deviendra une réalité universelle.

15 avril 2024 REPORTÉ au 22 avril 2024, 18h: Conférence #23 : « nous étions les plus beaux, nous vivions à rebours » : présence de Joris-Karl Huysmans dans le discours poétique des chansons de H.F. Thiéfaine

Projet d’une vie « à rebours » débouchant sur une « catastrophe », « dandys » fascinés par les « miroirs » et le « paraître » mais aussi animés de « pulsions périlleuses », « spectres obsolètes revisités par Beau Brummel », « pandémonium » célébrant le « seigneur fou des bacchanales », protagoniste qui « revisite l’enfer de Dante & de Virgile », attraction d’un « là-bas » laissant entrevoir des « cercles vicieux infernaux » et dont émanent des « vapeurs paradisiaques », existences « en rade », « maris moroses » et « femmes […] futiles » enfermés « sans espoir » dans leur « conjugal destin », « cathédrales », « angélus », promesse d’un « je marcherai sur l’eau », « visions subliminales » ou « fin qui détonne »…

Les intitulés et les thèmes-clés des œuvres de Huysmans suffisent à démontrer l’ampleur et la récurrence du processus de réaccentuation dont ils font l’objet au sein du corpus des chansons qui leur apporte un écho suggestif ou en revisite les implications par le biais d’une écriture qui présente elle-même des affinités manifestes avec celle de l’auteur d’À Rebours : formules percutantes maniées comme des « mots-missiles » ou de « petites grenades », « inventaires » semblables à ceux d’une « encyclopédie », « vision à 360° » autorisant l’introduction dans les textes d’une multiplicité référentielle qui fait une place particulière aux auteurs de l’Antiquité latine – à commencer par Sénèque auquel renvoie aussi bien le À Rebours huysmansien que sa recréation thiéfainienne –, « amour des mots » s’exprimant tant par la complexité multivoque du discours que par la richesse foisonnante d’un vocabulaire aux termes délibérément choisis pour leur étrangeté ou leur caractère inusité voire « obsolète », récurrence de la provocation revendiquée et du détournement subversif : en tentant de détailler l’ensemble de ces aspects, cette conférence fait apparaître Thiéfaine non seulement comme un profond connaisseur de Huysmans, mais comme un authentique continuateur de celui-ci.

20 mai 2024, 18h: Conférence #24 : « comme on traduit Homère » : présence d’Homère dans le discours poétique des chansons de H.F. Thiéfaine

Programme à venir.

10 juin 2024, 18h : Conférence #25 : « de l’ordure ordinaire putride & dégueulasse » : présence de Charles Bukowski dans le discours poétique des chansons de H.F. Thiéfaine

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Attention ! la conférence du 15 avril est reportée au 22 avril 18h, sur Zoom ! 


D'autres dates seront ajoutées entre septembre et décembre 2024.

Toutes les conférences sont sur ZOOM: le lien est à demander à la conférencière ou au CTELA: ctela@univ-cotedazur.fr. 

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