SFRI Arts et mutations actuelles (écologies, technologies)

  • Développement Durable
  • Recherche
Publié le 10 novembre 2025 Mis à jour le 10 novembre 2025
Date(s)

du 21 octobre 2025 au 7 avril 2026

Lieu(x)

Campus Carlone

Amphi D110 (ex E112)
EUR Arts et Humanités

Séminaire coordonné par Stéphane Hervé et Brigitte Joinnault, CTELA, Département des Arts.

Ce séminaire Arts et mutations actuelles a pour objectif de donner idée de la manière dont des artistes, chercheurs et chercheuses en arts en prise avec les grandes questions sociétales actuelles (changement climatique, migrations, questions de genre, nouvelles technologies numériques) interrogent les possibles devenirs de nos manières de vivre.

Il propose un panel diversifié et représentatif de démarches de recherche par la création (recherche-création, recherche-action) et de projets résolument intersectoriels portés par des artistes-chercheureuses en architecture, arts plastiques, arts sonores, arts du spectacle et de la performance.

Dans un objectif d’inclusion transgénérationnelle, et de soutien à la relève scientifique et artistique, le séminaire invite aussi bien des personnalités internationalement reconnu·es pour leurs expertises, que de jeunes chercheurs, chercheuses et artistes engagé·es dans des travaux novateurs, vecteurs de questionnement et de créativité.

Calendrier : les mardis, de 17h à 19h, amphi D110 (ex E112)

21 octobre 2025: Véronique PERRUCHON, professeur des universités Arts du spectacle, directrice du projet de recherche LuNat, Univ. Lille. "Du LED à la Lumière naturelle, entre nouvelles technologies et questions écologiques dans la création lumière."

L'intervention proposée part d’un contexte, le passage généralisé à la LED dans le spectacle vivant (Loi n° 2009-967 du 3 août 2009 du Grenelle de l’Environnement), et des bouleversements phénoménologiques, esthétiques et créatifs qui en découlent. S'il est nécessaire de se poser un certain nombre de questions à ce sujet (pourquoi et en quoi l'avènement de la LED en lieu et place des lampes traditionnelles est-elle une réponse à la crise écologique ? quels sont les enjeux de cette mutation ? quels en sont les impacts dans le monde économique et artistique ?), une autre solution que la LED s'est également présentée. N’y avait- il pas en effet une source que nous laissions totalement de côté : la lumière naturelle ? À la manière de Bruno Latour dans Où atterrir, n’avions-nous pas, entre l’incandescence et la LED, une voie à creuser du côté du Soleil ? En un mot, ne pourrait-on utiliser les ressources de la lumière naturelle en lieu et place de la lumière artificielle dans la création du spectacle vivant ? Adossées à une réflexion globale sur les valeurs de la transition écologique dans une perspective

« écosophique » ou d’« écologie profonde » (Arn Naess), les recherches présentées montreront comment le Soleil, et les possibilités qu’il nous offre d’éclairer nos espaces et nos esprits, ouvrent le champ exploratoire du passage d’un régime anthropocentrique à un régime écologique du spectacle vivant.
Véronique Perruchon, initialement conceptrice lumière, est aujourd’hui professeure en arts du spectacle à l’Université de Lille et membre du Centre d’Études des Arts Contemporains, Véronique Perruchon dirige depuis 2017 le programme de recherche international LdS « Lumière de Spectacle ». Cadre dans lequel elle déploie des projets de recherche interdisciplinaires, dont l’ANR SceALED dédiée aux LED et le projet LuNat, dédié à la lumière naturelle. En 2016, elle a publié l’ouvrage de référence : Noir. Lumière et théâtralité aux Presses Universitaires du Septentrion.

25 novembre 2025 : Jean-Paul QUEINNEC, professeur des universités en arts du spectacle, directeur de l’unité d’enseignement en arts, Université du Québec à Chicoutimi. "Dramaturgies sonores et co-paysage, protocoles de recherche-création."

En nous appuyant sur nos dernières recherches, nous évoquerons ce que nous appelons l’écriture en co-paysage qui engage à un co-écouter produit depuis et avec le paysage, non plus seulement comme contexte et processus, mais aussi comme auteur de l’œuvre (Naoufal, 2020 : 62).
Pour commencer, nous partagerons notre approche du terrain vivant. À partir de notre expérience avec les sons des fossiles sur l’île d’Anticosti située dans l’embouchure du fleuve Saint-Laurent. Nous verrons comment notre désir de réciprocité avec le paysage présume une forme de sérendipité qui semble animer un double phénomène : d’une part, un lâcher-prise, un contact indistinct, voire étourdi avec l’environnement, d’autre part, nos sens à apprendre et à communiquer avec les événements qui nous entourent, surtout leur part imprévisible, étrange, inexpliquée. C’est principalement à travers la pratique de la phonographie que nous engageons ce double mouvement de rencontre avec le paysage.
Puis nous reviendrons sur notre quête de sons maritimes aux abords du fleuve Amazone en Colombie. Cette aventure nous a placé·es au cœur d’une fluidité géographique qui touche autant à la pluralité de l’identité, au corps en écoute, au temps impermanent qu’à l’écriture qui en émerge. Nous verrons aussi comment l’écodramaturgie de la fluidité vécue in situ peut se maintenir de retour au théâtre, et constituer les premières pistes d’une scène qui « tend vers le dehors » (Macé, 2022 : 35), non pas sous forme documentaire mais à travers une esthétique et un discours équivoques, indécidés et poétiques.
Enfin, nous aimerions aborder notre expérience inter-espèce (Haraway) auprès de chèvres angora avec lesquelles nous avons exploré une dramaturgie du vivant (Montaignac, 2019) qui repose sur un faire physique collectif et à tâtons qui effectivement n’anticipe aucun sens, aucune destination ni durée, mais convoque ce qu’il nous faut avant tout dans cette investigation, une énergie aventureuse où nous ne cherchons pas à brouiller les différences entre les êtres humains et les animaux, mais plutôt à les multiplier (Affeissa, 2021, p. 71).
Jean-Paul Quéinnec est professeur titulaire de théâtre à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), il est aussi directeur de l’antenne UQAC du Centre de recherche Cultures – Arts – Sociétés (CELAT), et coresponsable de l’axe recherche-création du Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture au Québec (CRILCQ). De 2010 à 2021, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en dramaturgie sonore au théâtre, sa recherche-création interroge les processus et dispositifs d’écritures dramatiques et scéniques à partir d’une approche écologique, plurielle, inclusive et performative. De 2019-2023, il codirige la revue savante Percées, Explorations en arts vivants. En 2024, il coorganise le colloque international Écologie, arts vivants, politique : Fabriques d’un nouveau relationel. Il publie dans différentes revues en France et au Canada et ses créations sont présentées au Québec et à l’étranger. Cf son site : dramaturgiesonore.com
Andrée-Anne Giguère est artiste interdisciplinaire, elle développe une pratique active de comédienne, performeuse, conceptrice vidéo pour la scène, professionnelle de recherche, metteuse en scène et chargée de cours. Doctorante à l’Université Laval, ses recherches sont axées sur l’intégration sensible de la technologie sur scène. Elle est aussi codirectrice artistique de Théâtre Déchaînés pour lequel elle crée le concept d’accessibilité créative. Elle publie dans différentes revues en France et au Canada et ses créations sont présentées au Québec et à l’étranger. Elle a codirigé avec Jean-Paul Quéinnec cinq cahiers de phonographie aux éditions de LaClignotante.

9 décembre 2025 : Hanna LASSERRE, dramaturge, docteure en arts du spectacle, cheffe de projet accessibilité chez PANTHEA (Berlin-Paris). "Des lunettes de réalité augmentée au surtitrage de spectacles en langue des signes."

À l’heure où les enjeux d’inclusion doivent occuper une place centrale dans les missions de service public, l’accès aux arts du spectacle pour tous devient une question cruciale. Faciliter cet accès ne se limite pas à des considérations d’égalité, mais vise également à enrichir les représentations sociales dans le contexte culturel actuel.
Le dispositif panthea.live permet de diffuser simultanément sur des appareils connectés, tels que des téléphones mais aussi des lunettes de réalité augmentée, des surtitres en langues étrangères, des surtitres adaptés pour les personnes sourdes ou malentendantes, ou encore des contenus accessibles tels que la langue des signes et l’audiodescription. Cette initiative propose une solution pour diversifier les publics. Bien qu’elle réponde à une volonté claire des institutions culturelles, elle soulève également des questions sur la visibilité des différentes communautés concernées. Nous ouvrirons ainsi une réflexion sur le rôle des nouvelles technologies dans la transformation des pratiques artistiques et leur potentiel à façonner un environnement culturel plus inclusif.
Hanna Lasserre est docteure en études théâtrales et collabore à diverses créations théâtrales en tant que dramaturge et collaboratrice artistique. De 2021 à 2024, elle a occupé un poste de PAST à l’Université Côte d’Azur et est co-fondatrice du groupe de recherche Théâtre & Transitions : écologie profonde, intelligence collective. Dans l’équipe de Panthea, entreprise spécialisée dans le surtitrage et l’accessibilité du spectacle vivant qu'elle a rejoint en 2014, elle coordonne actuellement différents projets en France et à l’international.

27 janvier 2026 : Thierry CODUYS, artiste polyvalent (musicien, sound-designer, spécialiste des nouvelles technologies), responsable du centre d’informatique musicale de la Biennale de Venise. "Dérives numériques : L'art comme écosystème interactif ou Dérives numériques : Systèmes interactifs, récursifs et immersifs dans l'art contemporain."

Ce titre associe une métaphore exploratoire, la « dérive » à une cartographie précise de ses territoires. Car si les systèmes immersifs, interactifs et récursifs constituent aujourd'hui des outils privilégiés de la création, leur apport ne peut se résumer à une simple virtuosité technique. Il convient plutôt de questionner les mutations profondes qu'ils opèrent sur la nature même de l'œuvre et de l'expérience esthétique.
Au-delà de la prouesse technologique, que cherchent réellement nos architectures immersives ? Veulent-elles parfaire l’illusion au point de dissoudre toute distance critique, ou proposent- elles au contraire de nouveaux modes d’habitation poétique du monde ? Lorsque nous rendons l’œuvre interactive, quel contrat passons-nous avec le spectateur ? L’invitons-nous à devenir le co-auteur d'une forme ouverte et démocratique, ou l'acteur consentant d'un scénario participatif dont les règles profondes lui échappent ? Et que se passe-t-il quand le système devient récursif, quand l’œuvre se met à apprendre et à se générer elle-même ? Assistons-nous à l'émergence d'une forme d'autonomie, à l'esquisse d'une conscience artificielle, ou simplement à la forme la plus sophistiquée du hasard maîtrisé par l’artiste ?
Finalement, que révèle cette trinité (immersif, interactif, récursif) sur notre rapport au réel ? En cherchant à simuler, à dialoguer et à autogénérer des mondes, l’art contemporain ne fait-il pas que rejouer, pour mieux les interroger, les nouvelles conditions de notre existence à l’ère numérique ?

10 février 2026 : Anouk MIGEON, architecte, chercheuse, doctorante ADEME en géographie du genre, labellisée OTECCA, ER 7338 - PLEIADE, Université Sorbonne Paris Nord (Paris 13). "Récit d’une recherche par le projet : des pratiques des femmes bâtisseuses de la Roya (06) à la mise en place d’ateliers d’initiation au bricolage."

Dans la vallée de la Roya (Alpes-Maritimes), territoire rural et montagnard marqué par une architecture médiévale dégradée, une forte précarité résidentielle et les impacts durables de la tempête Alex (2020), l’auto-rénovation du logement est fréquente. Mais ces pratiques restent le plus souvent associées aux hommes, dans une division du travail qui invisibilise l’apport des femmes. Pourtant, certaines s’y engagent. Leur participation, longtemps passée sous silence, met en lumière des inégalités d’accès aux ressources et au foncier, mais aussi de nouvelles formes d’autonomie. Après un an d’enquête, ma thèse développe des ateliers de bricolage pour les femmes – « On ne naît pas bricoleuse, on le devient » – afin d’explorer comment l’acte de bâtir devient un espace où se négocient rapports de genre, de classe et de performance rurale. Ces expériences esquissent les contours d’une culture constructive féminine, locale et collective, qui transforme les normes de l’habitat et les rapports sociaux en montagne.
La séance abordera d’abord ces pratiques d’auto-rénovation et l’engagement des femmes dans un contexte rural et post-catastrophe. Elle présentera deuxièmement la mise en place des ateliers de bricolage comme démarche de recherche-action, d'outil d’enquête et de projet territorial. Elle abordera troisièmement les démarches de recherche en habitant, en voisinant, en commun ou en permanence architecturale (Bouchain, 2011 ; Hallauer, 2015 ; La Facto, 2023 ; Nicolas-Le Strat, 2024 ; Staritzky, 2024), qui affirment que la recherche est toujours située et engageante (Haraway, 1988), et que la chercheuse, ou le chercheur, s’y inscrit aussi comme personne immergée et vulnérable.
Anouk Migeon est architecte, dessinatrice et doctorante en géographie à l’université Sorbonne Paris Nord, sa recherche est soutenue par l’Agence de la Transition Écologique (ADEME) et labellisée par l’Observatoire de la Transition Écologique et Citoyenne en Côte d’Azur (OTECCA). Elle étudie les pratiques des femmes bâtisseuses dans la vallée de la Roya (06), un territoire post-catastrophe climatique. Elle co-fonde l’Atelier Rural en Roya, qui développe des formations d’éco-construction par et pour les femmes (Grands Prix 2023 de la Fondation des Femmes).

3 mars 2026 : Alexandre CHEVREMONT, professeur des universités en Esthétique et philosophie de l’art, Université de Lille. "Le lieu du son, entre technologie et écologie."

La détermination phénoménologique du lieu qui se donne dans la perception et la sensation du son doit permettre de déconstruire un modèle naturaliste selon lequel le «donné» s’oppose au «construit» ; on fera donc, dans un premier temps et en empruntant un terme bachelardien, la preuve de la nécessité d’une phénoménotechnique où le donné sonore dépend, selon le développement des sound studies, d’une histoire culturelle où le son se trouve donné par des appareils qui permettent de le « fixer » (de l’enregistrer et de le diffuser). Dans un deuxième temps, la question du lieu du son met en jeu deux approches concurrentes mais compatibles, l’une qui relève de l’acoustique architecturale et donc de la construction d’un lieu de réverbération du son, l’autre qui dépend d’une écologie sonore où le son se donne comme « paysage ». À quel point ces deux approches convergent vers une compréhension de la technique, c’est ce qui, pour finir, sera à appréhender.
Alexandre Chèvremont est professeur au département Arts de la faculté des Humanités de l’université de Lille en esthétique et en philosophie de l’art. Il est également membre du CEAC et chercheur au sein de ce laboratoire. Il a publié récemment le livre issu de son HDR, Donner lieu au son, aux Presses du réel (2024). Ses travaux portent sur les arts sonores contemporains, le lien entre musique et architecture, l’écologie sonore et la phénoménologie. Il a également dirigé deux ouvrages collectifs, La Polyphonie – des Lumières à Adorno (Garnier, 2024) et Écouter, écrire la résonance (en codirection avec Muriel Joubert et Denis Le Touzé, Presses universitaires du Septentrion, 2025).

17 mars 2026 : Catherine CYR et Rachel BOUVET, professeures des universités, Université du Québec à Montréal. "Collaborations intersectorielles et recherche-création : le cas du GRIVE, groupe de recherche interdisciplinaire sur le végétal et l’environnement." Visio conférence depuis Montréal.

Le GRIVE est une équipe de recherche liée à la Faculté des arts de l’UQAM. Son objectif est de créer un espace d’échanges en vue de transformer nos rapports aux plantes et à l’environnement grâce à des outils et activités de sensibilisation et de création noués à des enjeux environnementaux contemporains. Cette conférence montrera comment les collaborations intersectorielles se trouvent au cœur de cette structure et du partenariat Reconnecter avec le végétal et l’environnement (ReVe), lesquels mobilisent des chercheur×e×s en biologie, géographie, sciences de l’environnement, foresterie, sémiologie, études littéraires et histoire de l’art. À titre d’exemple, nous présenterons l’atelier « Jardins et communautés » (Montréal, septembre 2025), notamment à travers quelques démarches de recherche-création.
Rachel Bouvet, professeure au Département d’études littéraires de l’Université du Québec à Montréal, mène des recherches sur l’espace, le fantastique, l’altérité, la géopoétique et le végétal. Elle a publié trois essais individuels, un en collaboration avec S. Posthumus, J.-P. Bilodeau et N. Dubé (Entre les feuilles. Explorations de l’imaginaire botanique contemporain, PUQ, 2024), et codirigé une dizaine d’ouvrages collectifs. Elle a co-fondé La Traversée-Atelier de géopoétique ainsi que GRIVE (Groupe de recherche interdisciplinaire sur le végétal et l’environnement), qu’elle dirige actuellement. Elle est également responsable du Partenariat « Reconnecter avec le végétal et l’environnement » (ReVe).
Catherine Cyr, professeure au Département d’études littéraires de l’UQAM où elle enseigne la dramaturgie contemporaine, est l’autrice de plusieurs articles sur le théâtre parus dans divers ouvrages et revues. Elle a codirigé la revue Percées (2016-2024) et le groupe de travail interdisciplinaire « Arts vivants et écologie au Québec » (SQET, 2022-2024). Elle contribue depuis 2021 au projet de recherche intersectoriel « Réécrire la forêt boréale : pratiques collaboratives et spéculatives entre littéraires et écologistes » (UQAM, UQAT) et elle est membre du Groupe de recherche interdisciplinaire sur le végétal et l’environnement (GRIVE). Ses recherches actuelles portent sur les approches écopoétiques en arts vivants.

7 avril 2026 : Furkan AK, artiste chercheur, Conservatoire Royal d’Anvers, Anvers. "Dramaturgies spectrales et technologies immersives au service des récits de migration." Campus Carlone en lien avec le Printemps des migrations.

Cette recherche sur les dramaturgies spectrales explore comment des œuvres artistiques utilisant les technologies immersives défient les récits dominants sur la migration en se centrant sur les expériences des migrants. En prenant appui sur la dramaturgie hantologique et l’hantologie migratoire, je développe la dramaturgie spectrale comme cadre théorique dans lequel le recours à la figure du fantôme métaphorise la présence invisible mais persistante des migrants dans la société occidentale. Dépassant le paradigme de la « machine à empathie », j'examine comment le son immersif et les technologies de réalité virtuelle créent des « affects hantants » qui relient de manière critique aux expériences migratoires. Dans ce séminaire, je présenterai des œuvres utilisant différents médiums, notamment ma production Rare Sun et des œuvres de Clouds Over Sidra, pour illustrer comment la performance et les technologies immersives peuvent permettre de créer des compréhensions plus nuancées de la migration.
Furkan Ak, formé en Turquie et en Belgique, est metteur en scène, acteur, et doctorant en arts du spectacle au Conservatoire Royal d’Anvers. Ses travaux se situent à l’intersection de la performance, de la mémoire et de la technologie. Son approche de type « pratique comme recherche » explore les technologies immersives, les dramaturgies hantologiques et la migration. Ses récentes créations, Ghostly Matters et Rare Sun, utilisent le son immersif et les techniques d’enregistrement binaural pour évoquer des présences spectrales et interroger les thèmes du déplacement et de la mémoire urbaine. Rare Sun (2024), son projet de fin de master, a été créé au KVS et a été finaliste du Roel Verniers Award au TheaterFestival. Il contribue régulièrement à des revues et magazines internationaux consacrés aux arts de la scène et aux arts visuels. Parallèlement à sa pratique de metteur en scène et de chercheur, Ak a joué dans des séries télévisées et des productions théâtrales. Il développe actuellement Ghostly Places (2025), une performance en réalité virtuelle explorant la migration, les espaces urbains nocturnes et la technologie immersive, dans le cadre de son projet de recherche en cours Dramaturgies spectrales. https://ap-arts.be/en/person/furkan-ak ; https://www.furkanak.com/